La découverte récente que les parasites eukaryotes peuvent être vecteurs et réservoirs de virus remet en question l’étiologie des cancers causés par les trématodes. La douve du foie Opisthorchis viverrini est reconnue comme carcinogène de classe 1 par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les populations affectées sont à risque de développer des fibroses périductales (APF) suivi de cancers du canal biliaire, (Cholangiocarcinomas ou CCA). Les traitements anti-parasitaires, et notamment le Praziquantel, ne permettent pas de prévenir complètement le développement de cancer. Ces trente dernières années, la recherche a permis de belles avancées avec le développement d’outils moléculaires et de modèles animaux permettant d’identifier des facteurs de virulence produits et sécrétés par le parasite qui contribuent à créer un environnement pro-oncogène. Cependant, les agents responsables du développement de CCA restent inconnus. Nous émettons l’hypothèse que les virus de douve du foie contribuent, et peut-être initient le cancer. Nos études préliminaires ont permis la caractérisation de trois espèces de virus spécifiques de O. viverrini, de démontrer leur excrétion par les douves, leur capacité à infecter les cellules humaines et à moduler la réponse immunitaire. Il est maintenant nécessaire de déterminer dans quelle mesure ces virus peuvent contribuer au développement de fibroses périductales et éventuellement des cancer.
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